Tentative d’épuisement d’un lieu perpignanais

Une façon de rendre hommage à Georges Perec, disparu il y a 40 ans aujourd’hui. Une initiative lancée par Emmanuel Vaslin, Thomas Baumgartner, Hélène Paumier et Pierre Ménard. La consigne était la suivante : il fallait se poster dans un lieu de son choix et décrire, à la manière « infra-ordinaire », le quotidien, le banal, et le poster en série sur Twitter avec un hashtag donnant le nom de la ville et celui de l’événement : #Perec40. Tout est bien mieux expliqué ici.

Voici donc ma tentative d’épuiser la place de la République à Perpignan de ce jeudi 3 mars 2022.

Deux hommes portant des lunettes de soleil et des mains dans les poches cherchent une place en terrasse.

Passe une dame en noir accrochée à son sac violet.

Une dame assez âgée, un cigarillo dans la bouche, cherche quelque chose dans un sac à papier froissé.

Passe un sac rose accroché solidement à une dame au pull rouge vif.

Un monsieur au chapeau marron, enveloppé dans une veste en cuir marron et des chaussures marron aux pieds regarde très attentivement son téléphone portable.

Passent un sifflement et un homme en shorts à la barbe blanche.

Passent une dame aux cheveux poivre et sel et un chien couleur chocolat.

Passent trois dames, un enfant et deux pigeons pressés.

Passe un grand homme souriant à la casquette beige, il fait en passant un « check » à la serveuse qui apporte un brownie au couple de personnes âgées assises au soleil devant moi.

Passe une brise légère qui agite le ticket de caisse posé sur la table.

Passe une dame avec un gros chignon sur la tête et une démarche assurée.

Passe un jeune en capuche et le téléphone portable à la main, le regard balayant la place.

Passent un rire d’enfant, une bouteille d’eau en plastique et une maman blagueuse.

Passent quatre cafés sur un plateau et un jeune homme très musclé aux cheveux longs attachés en chignon.

Passe un homme masqué avec des écouteurs dans les oreilles.

La cloche en haut du théâtre municipal sonne une fois et mon téléphone crie après la batterie.

Quatre drapeaux (deux catalans, un français et un de pirate) s’agitent devant le magasin Toiles du Nord à ma droite.

Un petit garçon rit aux éclats et court dans les bras de son papa.

Dans une camionnette blanche des hommes en gilets vert fluo chargent des palettes en bois.

Une famille de trois regarde dubitativement le menu du midi.

Passent une chanson des années ’60, un « salut ma belle » et un « bon courage ».

Passent un sandwich, une petite bouteille de coca et une canette de red bull dans les mains d’un homme en noir.

Passent un scooter, un homme portant un chapeau de cow-boy et une petite dame à la démarche mal assurée.

Hurle quelque part un klaxon de voiture têtue.

Un pigeon gris se balade entre les tables grises et blanches d’une terrasse.

Passe une jeune femme en béquilles accompagnée de trois jeunes femmes en baskets.

S’envolent un pigeon et un papier froissé poursuivis par un garçon en veste à carreaux.

Passent une odeur de cigarillo, une jeune femme à vélo et deux filles à qui le serveur adresse un cordial « salut les filles ».

Passe un homme pressé aux manches soulevées et au sac à dos orange.

Passe un homme barbu en veste blanche qui joue de la guitare tout en marchant.

L’un des serveurs, en T-shirt noir aux manches courtes, éternue dans son coude et écrit quelque chose sur son téléphone portable.

L’écran de mon téléphone est presque noir, l’horloge au-dessus du théâtre municipal indique 13h30, je m’en vais.

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