Rue de la Main de Fer (Prose du bitume 4)

rue de la main de fer

J’arrive à peine dans la Rue de la Main de Fer que je suis perturbée dans mon entreprise observatrice par un couple d’anglais qui marche tout doucement. Un monsieur âgé, bien portant, cheveux blancs (il me fait penser à Père Noël) fait la visite guidée du quartier à son accompagnatrice, une dame avec un chapeau qui l’écoute avec beaucoup d’intérêt. Quand il arrive à ma hauteur, le monsieur s’interrompt, me jette un regard curieux, bienveillant. Je lui souris, il me rend le sourire. Il dit quelques mots en français, plus pour soi-même que pour son interlocutrice. Je sors en vitesse mon carnet pour tout noter, ils s’éloignent à petits pas, le monsieur reprend ses explications dans un anglais qui vient de je ne sais où, car il a un accent sympathique, il roule les R (écossais ?).

Je me lance dans la rue, je n’en vois pas le bout tout de suite, ça doit être la rue la plus longue que j’aie décrite jusque là. Une cloche résonne deux fois, très près. Je regarde l’heure : 14h30. Je ne comprends pas toujours les cloches.

C’est une rue très calme, on y accède en laissant derrière soi une place minuscule, un feu et un de ces petits poteaux rétractables utilisés pour réserver l’accès à la rue à ceux happy few (dont je ne fais pas partie) qui savent comment ça fonctionne.

De vieilles maisons de chaque côté, aucune voiture, une rue vraiment très étroite, alors je décide d’en décrire les deux côtés simultanément.

A droite, une vieille bâtisse en pierre. A gauche, au tout début, une vieille maison avec des barreaux aux fenêtres du rez-de-chaussée et de beaux volets en bois aux fenêtres des étages supérieurs. Une belle porte en bois, avec une main en métal doré pour toquer. Je me rends compte que la main est décorative (un peu kitsch) car il y a un interphone : 5 appartements.

Un monsieur passe et me regarde avec étonnement. Je ne lui souris pas.

Je marche au beau milieu de la rue, j’entends une voiture qui fait beaucoup de bruit derrière moi, je me décale. La voiture est à contre-sens, car la rue est à sens unique mais dans l’autre sens. Le chauffeur s’en rend vite compte et prend la première à droite. C’est la Rue de la Vieille Intendance, une rue avec de belles maisons aussi, des immeubles bourgeois à quatre étages.

A gauche, une autre vieille bâtisse en pierre, ce doit être un lieu public, car il propose l’entrée libre du mardi au dimanche. Je n’entre pas, ce sera pour plus tard. De l’autre côté, à droite, une maison avec une très belle terrasse qui fait envie au premier étage. Au rez-de-chaussée il a du y avoir une boutique autrefois, mais qui a fermé depuis longtemps, car les portes vitrées sont pleines de poussière.

Encore et toujours des mégots par terre et des étrons de chiens.

Je trouve deux objets.

rue de la main de fer objets

De nombreux bouts de bois par terre. Jugeant d’après la vis et le bout de plastique, quelqu’un a dû transporter/détruire/construire un lit dans le coin.

La vieille bâtisse dont l’entrée est libre du mardi au dimanche occupe presque tout le côté gauche de la rue. A droite, encore des immeubles bourgeois avec de jolis et nombreux pots de fleurs aux fenêtres. Plus loin sur la droite, un cabinet de psychothérapie et des cours de yoga. Le numéro 5 est inscrit au-dessus d’une autre belle porte en bois sur une petite mosaïque dont il manque le coin inférieur droit. Je suis déçue que ce ne soit pas le coin inférieur gauche.

C’était une rue pavée avant, on voit encore des galets à côté des trottoirs très étroits (vraiment très étroits, 30 cm maxi, je sais parce que j’ai mesuré avec mon pied).

Au bout de la rue à droite, un joli immeuble à la façade rouge brique. Au rez-de-chaussée, ce doit être un atelier d’instruments musicaux car j’aperçois par les fenêtres des violons et des violoncelles. Je vois aussi à l’intérieur une jeune fille qui travaille à la lumière d’une lampe de bureau. Elle manipule des instruments minuscules, elle est très concentrée et très méticuleuse. La table devant elle est juchée de toutes sortes d’objets dont je ne connais pas l’utilité. J’essaie de ne pas trop regarder, même si cela m’intrigue beaucoup.

Au bout de la rue, en face, un restaurant de tapas, Bar-Celone, avec un canapé et des fauteuils vintage devant. A gauche, dans cette même nouvelle rue qui est perpendiculaire à la Rue de la Main de Fer, un coiffeur, deux autres restaurants, une galerie d’art et deux antiquaires. Ça me donne presque envie de continuer, mais 15 minutes sont passées déjà, stop.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.