Incipere difficile est

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Allez, le plus dur c’est toujours de commencer, c’est bien connu, les débuts ne sont pas faciles[1]. Mais il faut s’accrocher, il faut faire un effort, c’est pas facile, d’accord, mais c’est comme ça, il faut faire un effort dans la vie. Pour d’autres ça a pas été facile de commencer non plus et pourtant ils y sont très bien arrivés à la fin.

Longtemps je me suis couché de bonne heure.

Je me demande combien de temps il a mis pour le trouver, ce début. Longtemps, je pense. Ce n’est pas parce qu’une phrase est simple que ça a été simple pour l’auteur de la trouver. Simplicité n’est pas synonyme de facilité. Simplicité peut être synonyme de beauté, ce qui est le cas de l’incipit[2] mentionné plus haut, avouons-le tout de suite, c’est beau ce qu’il dit là l’auteur, le fait de commencer par un adverbe, ah, vous me donnerez raison maintenant quand je vous disais que c’est beau, un adverbe ? Et puis il parle du temps, qui est long, et de l’heure, qui est bonne, vraiment là, il a fait fort Marcel.

Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.[3]

Ça, c’est la preuve que parfois ça sert à rien de se prendre la tête et qu’il vaut mieux aller à l’essentiel.

Ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. C’est Arthur Ganate qui m’a fait parler.

Alors là, Louis-Ferdinand, il faut pas l’embêter. Puisqu’il vous dit que ça a commencé comme ça, y a rien à redire, c’est comme ça, un point, c’est tout. Et de toute façon, il avait jamais rien dit, lui, c’est la faute à Arthur, c’est bien connu maintenant, Arthur, il sait pas comment il faut faire.

Bon, j’arrête volontairement la liste des débuts à trois. La conclusion n’est pas joyeuse : tout a été déjà écrit et on ne pourra pas faire mieux que les trois braves cités plus haut. Alors, pour commencer, je propose qu’on fasse pareil, mais autrement :

Ça a commencé  avec une bonne heure de sommeil. Après, comme il ne savait pas où il devait aller, il s’est dirigé calmement vers le lieu le plus prochain. Là il est tombé par hasard sur un maître nageur qui ne disait rien mais qui pensait en son for intérieur que tout ce qui nous arrive de bien et de mal dans la vie est écrit quelque part en bas et c’est pour cela qu’il passait son temps à fouiller les profondeurs des mers.

A suivre…


[1] Il me semble avoir déjà exprimé cela quelque part… Pourvu que cela ne veuille pas dire que je passerai la nouvelle année à radoter !

[2] Ça fait tout de suite classe lorsque vous mettez des mots latins dans un texte, vous ne trouvez pas ? Surtout s’il s’agit d’un terme de théorie littéraire, alors là, franchement, ça vous donne illico presto l’air de savoir de quoi vous parlez.

[3] Ma foi, ça c’est du bon incipit ! Délicieux, je m’en lèche encore les babines, merci Denis !

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