Des ampoules et des hommes

Bip bip

© Warner Bros. Extrait du dessin animé Fast and Furry-ous

Il me semble impératif aujourd’hui de soulever une question que la France – que dis-je ? – le monde entier – ne peut plus se permettre d’ignorer : pourquoi ne parle-t-on jamais d’ampoules des pieds dans les films ?

Pourtant, des personnages qui courent, il y en a légions ! Forest Gump passe trois années à courir les terres d’Amérique en large et en travers. Il est même pris pour un Messie et il se retrouve avec des légions d’adeptes qui lui courent après. Il a de bonnes chaussures blanches, on les voit bien dans le film. Mais il ne fait jamais d’ampoules.

Je n’ai pas vu le film Blade Runner, mais puisqu’il y a le mot « runner » dans le titre, il doit bien y avoir au moins un coureur là-dedans. Mais je peux parier tout ce que vous voulez que dans ce film non plus personne ne fait jamais d’ampoules. Bip bip et le Coyote ne font jamais d’ampoules non plus et ils courent tellement vite qu’ils détruisent tout sur leur passage. Ce sont des dessins animés, c’est sûr, il serait d’ailleurs impensable qu’un Accelleratii Incredibus succombe à des affections cutanées aussi ordinaires, mais pourquoi n’a-t-on pensé à explorer les vertus comiques d’un coyote tombé à plat à cause d’une méga ampoule à la patte arrière droite ?

Le seul film, à mon humble connaissance, où l’on voit une ampoule est Run fatboy run (Cours toujours Dennis en français), mais là c’est pas pareil, c’est une comédie, ils ont fait exprès, et trop même, car nul n’a jamais vu une ampoule qui fasse la moitié d’un pied !

Ce qui me semble indéniablement important c’est la modification de la position ontologique déterminée par la présence d’un phlyctène[1]. Lorsqu’on a une ampoule et que ça fait mal, on voit les choses différemment. D’abord parce qu’on ne marche pas de la même façon, donc si on ne marche pas de la même façon, on ne voit pas le monde de la même façon non plus. C’est logique. Le monde se présente à nous un peu de travers, on voit les gens un peu de biais, quand on ne peut pas faire autrement que les voir, parce que des fois, franchement, ça fait si mal une ampoule au talon qu’on a envie de voir personne. Ce devrait être un droit d’ailleurs, l’envie de ne voir personne ! Ça devrait être inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme !

D’autre part, une ampoule au pied, ça fait mal et la souffrance, ça a toujours eu des vertus cathartiques, c’est un fait su et connu par tout le monde et qui n’a plus aucun besoin d’être prouvé.

Tout ça pour dire que, ma foi, courir, c’est bon pour la santé, marcher aussi, de nos jours il faut toujours marcher et bouger plus. Mais que l’on ne parle jamais des conséquences logiques de toutes ces choses qui sont si bonnes pour la santé, franchement, je trouve ça inacceptable !


[1] A l’occasion de ce billet, je découvre que phlyctène est le terme médical pour ampoule. Ma foi, un bien joli mot pour une bien douloureuse réalité !

2 réflexions sur “Des ampoules et des hommes

  1. « pourquoi ne parle-t-on jamais d’ampoules des pieds dans les films ? » Peut-être parce que le réalisateur n’a pas envie qu’on dise que son film est ampoulé ;-)) hi hi

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